De l’avantage des SSII ou ESN

Bulles

Drôle de titre, me direz-vous ! J’ai entendu de tout sur les SSII, du terme « vendeurs de viande » ou « le produit c’est toi », « ils ne pensent qu’à leurs commissions »… C’est pas toujours très rose. Essayons maintenant de dépeindre un tableau tout autre, un tableau où c’est le consultant, le maître du jeu, le maître de son avenir.

Commençons par le commencement. Le parcours normal après un diplôme BAC +5 et idéal d’après la majorité est de se faire embaucher directement chez un client final, on entend des « waou, t’as de la chance, mais comment t’as fait ? ». Et le deuxième type de parcours est de passer par une SSII, de commencer par une SSII comme on dit. Sauf que pour certains, ce passage dure longtemps, très longtemps. J’ai même rencontré quelques personnes qui ont fait toute leur carrière dans une SSII. Et j’en reste admirative, je vous explique pourquoi.

Au début quand vous êtes pris en charge dans une SSII, vous êtes très souvent encadrés, coachés, suivis, ensuite cela diffère. C’est différent selon les SSII mais aussi suivant la personnalité du consultant. Je m’explique.
– Une personne qui reste dans sa zone de confort, par exemple, aura tendance à accepter des missions dans son domaine de compétences.
– Une personne ayant du mal à voir à moyen et long terme, sera susceptible d’accepter tout type de missions, car elle aura du mal à refuser ou tout du moins, elle aura du mal à construire un plan de carrière.
– Une personne qui se voit refuser une augmentation, soit démissionnera, soit décidera du jour au lendemain de devenir moins productive, moins impliquée, moins engagée.
– Et vous avez une personne qui, au contraire, sait voir à long terme, et construit son plan de carrière comme un business plan. Ce profil est malheureusement peu fréquent.

Je me suis un peu égarée, revenons au titre de cet article : « de l’avantage des SSII ». Justement quel est l’avantage d’être en SSII et pour qui ? L’avantage d’être en SSII c’est la possibilité d’expérimenter tout type de technos, tout type de langages, tout type de domaines fonctionnels, tout type de postes… Vous pouvez passer de développeur à chef de projet technique ou encore d’expert technique à architecte technique, de testeur fonctionnel à chef de projet fonctionnel, … On voit de tout ! Et c’est tant mieux ! Pour tirer son épingle du jeu, il faut être maître de sa carrière. Vous ne vous voyez pas admin Windows, dans ce cas pourquoi s’obstiner à faire des missions sur de l’active directory, du powershell ou encore du IIS. Ce que je veux dire par là, c’est que vous pouvez bien sûr effectuer une mission, pour dépanner, pour tester, pour voir si vous aimez mais s’il s’avère que ce n’est pas le cas, arrêtez ! Oui arrêtez de vous torturer à faire du Windows ! Bon, je mets le mode troll en off avec Windows hihi. Dès le début de votre carrière en SSII, ou même après, discutez, faîtes du networking, voyez comment ont progressé vos congénères, par quels étapes sont-ils passés, quelles épreuves ont-ils dû surmonter ? J’aime beaucoup discuter avec mes collègues chefs de projets techniques, architectes techniques, manager, ou encore DBA. Et c’est à ce moment-là que je comprends les facettes de leurs métiers respectifs, que j’essaie de cerner les qualités à avoir pour mener à bien ces différentes missions, ou encore les formations que je devrais faire pour y arriver.

En résumé, ne restez pas dans votre coin, ouvrez-vous aux autres et découvrez ce que les autres font. C’est dans cette optique que vous pourrez véritablement piloter votre carrière en faisant les bons choix. Un domaine fonctionnel (la finance, les assurances, le public, …) vous tente moins, ne forcez pas et déclinez l’offre de mission. Une techno vous rend malade, choisissez-en une autre à la place. Le tout est d’avoir le choix, me direz-vous. Si on revient à ce que j’ai dit plus haut, on peut toujours se rabattre vers « la mission la moins pire, en attendant » :)

En conclusion, vous pouvez réussir votre carrière en SSII, le tout est d’avoir les bons réflexes dès le départ pour piloter et gérer sa carrière. Discutez, découvrez de nouveaux horizons et choisissez en conséquence ! En tout cas pour l’instant, cela a fonctionné pour moi, cela fait 12 ans que je suis en SSII et je m’y plais bien.

Il y a des hauts et des bas bien sûr (ps : je veux une augmentation !) mais le tout est d’être acteur de sa carrière et non pas se laisser porter par le courant.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avantage ou inconvénient d’être en SSII ? Postez vos comm’ !

Carrière en SSII : avantage ou inconvénient ?

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internaute93

Bonjour,
Merci pour ton sympathique blog.

SSII peut être quant tu es jeune, car avec une famille, propriétaire etc… difficile si on t’envoie à l’autre bout de la France pour une mission longue…

Pour le CV :
SSII/ESN, il faut avoir une mission choisie par nous même et non orienté par la SSII/ESN pour des raisons économiques, car notre carrière elle nous suit et une SSII non; le consultant est interchangeable y compris chez les clients. Les clients ne laissent que rarement tout au presta, car ils savent qu’ils sont présents temporairement.
Maintenant le salaire est généralement plus motivant en apportant plus de flexibilité pour le client : un vrai service temporaire et de qualité.
Maintenant même un poste finale, il faut se remettre en question si l’on ne progresse plus et savoir partir vers un autre poste y compris extérieur, mais on est à l’abris géographiquement (en tout cas plus rare qu’en SSII car chaque nouvel mission est source de changement géographique), mais nous sommes les vrais acteurs contrairement à une SSII qui imposera la mission si nécessaire car l’intercontrat est couteux.

Donc où que vous puissiez être, oublié les certitudes et les plans sur 20 ans, aujourd’hui, il faut apprendre, apprendre et se remettre en question. Vous sortez de l’école, vous n’étez qu’en début, votre diplôme est inestimable certe, mais l’expérience, le travail doit continué chaque jour comme un défi dans votre vie professionnelle. Le salaire n’est pas tout, le contenu est parfois crutial et pas forcément le mieux payé !

Fatiha

@internaute93 : Je te remercie pour ton commentaire. Je suis d’accord avec toi quand tu dis « Les clients ne laissent que rarement tout au presta ». Après il y a certains postes plus sensibles que d’autres, comme celui de chef de projet, où c’est vrai qu’il est de plus en plus rare de se voir gérer un budget. Après dans mon domaine, l’expertise technique, je ne suis pas dans ce cas de figure :)

Laëtitia

Ma chère Fatiha,

Nous nous sommes rencontrées grâce à une SSII, c’est amusant d’avoir de tes nouvelles en lisant cet article. Je suis bien embêtée avec ce sondage, car je ne suis ni pour ni contre, et pourtant concernée.
Je pense que ce milieu impitoyable fait trop de dégâts sur les juniors qui n’ont pas « les épaules ». Je ne peux guère oublier les situations de harcèlement dont j’ai été témoins dans l’une des 3 plus grosses SSII de France.
Pourtant, je ne crache pas dans la soupe, consciente que ces mêmes sociétés m’ont permis de travailler sur des projets innovant et passionnant…. oui c’est vrai, mais à quel prix ?

En conclusion, je ne regrette pas d’avoir quitté cet univers impitoyable, le monde du travail l’est déjà suffisament sans se jetter dans la gueule du loup. C’est pourquoi je ne pourrais décemment pas conseiller à mes amis (lorsqu’ils ont le choix), de travailler pour une SSII de plus de 50 personnes. Car d’expérience, tant qu’elles n’ont pas atteint la taille critique,elles se comportent mieux par nécessité.

PS : Cet article a tout a fait sa place sur Linkedin.

Amicalement,
Laëtitia

Fatiha

Merci pour ton commentaire Laëtitia, ça fait trop plaisir d’avoir de tes nouvelles. Les situations de harcèlement dont tu parles, c’est pour trouver une mission/quitter une mission/autre ? Tu peux préciser ?

nan

Perso, je trouve qu’une expérience en SSII en début de carrière, c’est pas mal. Comme tu le dis dans ton article, ça permet de voir plusieurs domaines… Après sur le long terme, je trouve ça moyen. On n’a pas toujours le choix des missions. Et tomber sur The mission, c’est un peu un coup de chance. Et en terme d’évolution de carrière, je pense qu’en client final, on s’en sort mieux. Mais tu as raison sur le fait que tout dépend de ton domaine. Les techniciens et les fonctionnelles n’auront pas le même vision des SSII…

Fatiha

Salut « nan » :)
J’avoue ne pas avoir fait la distinction entre les postes fonctionnels et techniques mais maintenant que tu le soulignes, j’aimerai bien avoir d’autres avis à ce sujet. merci pour ton commentaire.

Cyril

Salut Fatiha,

Très bien ton article.

Mon avis de Bac+2 c’est déjà qu’il y a une difference entre les SSII de conseil plutôt peuplées de Bac+5 où l’on demande souvent aux consultants de s’engager au delas de leurs missions et les SSII de technicien qui sont plus orientés sur des mission de run encadrées par des responsables/commerciaux et où le technicien est exécutant.

Dans ces deux types de SSII les individus ne gèrent pas leurs carrières de la même manière il me semble.

Dans tout les cas ce que je constate d’inquiétant c’est la moyenne d’age assez jeune. Je me demande des fois ce que l’on fait des vielles et des vieux dans les SSII, tous sont’ils devenus chef de services ou ont’ils été embauchés par un client ???

Ensuite c’est vrai que l’avantage est la variété des experiences en début de carrière. Mais comme le dit Leatitia, ce n’est pas sans risque. Ce sont souvent des opportunités commerciales qui font que l’on vous balance sur des missions pour lesquelles l’on n’a pas forcement la compétence. Ce genre de mission peut être très formatrice, mais c’est sur le consultant que retombera la responsabilité en cas d’échec.

Fatiha

Salut Cyril.

Je suis d’accord quand tu dis que le consultant est responsable en cas d’échec, si et seulement si, il n’a pas alerté sa hierarchie avant. Après notre hiérarchie peut nous proposer plusieurs solutions : formation, tutoriels, coaching…
@+ Fatiha

Eric

Bonjour Fatiha,

Voici un billet qui amène au débat!

Cela fait 20 ans que je suis consultant freelance et mes apporteurs sont des très souvent des SSII (qui ce sont rebaptisé il y a peu Entreprises de Services du Numérique …. histoire de faire plus cloud ou digital), donc je ne mordrais pas la main de ceux qui me font vivre.

Néant moins Cyril à raison, en cas d’échec la faute en incombe toujours au consultant, même si la hiérarchie a été informé (en plus des copils et autres réunions d’avancement) ou que le client soit en parti lié a cet échec.

La ou je suis un peu dubitatif c’est lorsque vous écrivez ces quelques mots :
« Après notre hiérarchie peut nous proposer plusieurs solutions : formation, tutoriels, coaching… » car j’ai rarement vu ce cas de figure, j’ai plutôt vu l’inverse avec de bonne remontées de cale et une grosse mise sous pression des consultants (dans ces cas on est super heureux d’être indep..), qui finissent très souvent par changer de SSII (le monde est petit , on rencontre très souvent les mêmes, mais avec des cartes de visite différentes).

Il ne faut pas perdre de vue que ces sociétés ne prospère que si leur seuil de rentabilité est élevé >=> Marges importantes et coût global de fonctionnement faible.

Et si l’on considère que la concurrence dans ce secteur est rude, il est facile de comprendre que pour remporter un marcher elles ont tendance à sous estimer le nombre de jours/homme ainsi que d’aligner des TJM de junior low cost….
A ce régime, bien des consultants ne rêvent que de finir chez un client ou comme professional services chez un éditeur.

Malgré tout, les SSII restent une sorte de passage obligé pour beaucoup de consultant.
Qu’elle soit bonne ou mauvaise, l’experience acquise dans ce cadre est irremplaçable.
Il faut aussi prendre en compte le fait que la plupart du temps le changement de SSII s’accompagne d’une augmentation de salaire et/ou d’un changement de position professionnelle.

Fatiha

Pour les formations, tutorats et coaching, je t’assure que cela existe. J’en suis la preuve, Eric, j’ai fait des formations de toute sirte : linux, oracle, redhat cluster suite, vmware, apache/tomcat/jonas, anglais, windows 2012, css etc… Tout dépend de la SSII avec laquelle tu travailles et tout dépend de ta relation avec les managers/commerciaux/RHs. Cette année j’ai même eu droit à du tutorat sur Websphere et j’en suis très satisfaite. Le seul point noir, comme tu l’as si bien fait remarquer, c’est le salaire et le TJM bas.
Merci pour ton commentaire ! Désolée je n’ai jamais participé aux copils…

lecameleon99

Juste en passant. On s’est fait racheté par une SSII. Depuis, l’ambiance est plus que morose… Le turn over a été multiplié par 2 (si ce n’est plus).
Les augmentation sont devenues la loterie nationales…
Certains piliers techniques (10-20 de boîte) sont parties ou sur le départ, car la vision de carrière est morte depuis le rachat.
Bref, ayant fait de la SSII, se retrouver dans une boite avec un politique assez familiale, et se faire racheter par une SSII et perdre toute l’ambiance qui existait, c’est rageant.
#venerd #dégout

Fatiha

Ok je commence à comprendre que l’univers des SSII est plus que disparate. Vraiment différent d’un univers à l’autre (poste fonctionnel versus technique), d’un type de poste technique à l’autre (dev versus expertise), d’une taille de SSII à l’autre…
Merci pour ton commentaire.

Mika

Suite à cet article, je suis partagé sur la réponse.
Déjà il faut rappeler que toutes les SSII ne sont pas à mettre dans le même panier: on a tous connu des « vendeurs de viande » qui sont les premiers à nous contacter sur monsters,linked in and co pour nous mettre en lien avec leurs clients et ainsi conclure des contrats/missions .
Mais il y a aussi de plus petites structure à « taille humaine » qui recutent sur profil (vision à long terme) écoutent nos besoins, peuvent nous aider à construire une véritable carrière sur 4-5 ans…
Et enfin il y a des nouvelles SSII « ovni » qui investissent vraiment sur le long terme pour recruter de meilleur profil:ils font des salons dans l’ère du temps (devOps, craftmanship…), organisent des meetup/hackaton, publient des articles , voir des livres sur des sujets tech…

Pour moi, qui n’ai travaillé que dans les deux premièrs profils, j’ai toujours vu ces sociétés comme des voies de lancement de carrière: l’idée étant de passer par ces sociétés pour se forger une expérience, enrichir son CV en vue de se faire débaucher ou profiter de ces acquis pour se faire embaucher ailleurs.

La seule exception que j’ai rencontré ce sont les indépendants, qui eux, en effet calque bien à l’idée de votre article. Un risque en plus,certes mais avec la liberté en face ;)
Car il est assez difficile, quand la mission se passe bien pour le client de se faire « extraire » de celle-ci pour se rendre sur un projet, une techno voir un autre poste plus dans nos attente ou selon notre humeur.

Fatiha

Merci pour ton commentaire Mika, ça fait plaisir de te revoir sur le site ! Le terme « extraction » que tu as employé me fait trop penser au terme exfiltration utilisé dans les films americains. Trêve de plaisanterie, pendant mes 11 premières années de SSII, j’ai souvent été « extraite » par l’intermédiaire de mon réseau :
– un ancien collègue devenu chef
– un ancien chef embauché chez le client
– un ancien chef ayant changé de projet et me débauchant

Le plus difficile a été de retrouver une mission après mon 1er et 2ème congé maternité. 1 mois pour mon 1er congé maternité et 3 semaines pour le 2ème. Cela a nécessité un grand investissement en temps pour la préparation des entretiens, refonte des cvs…

Merci encore Mika

xhark

J’ai commencé en SSII et je ne le regrette absolument pas. C’est grâce à des environnements très variés que j’ai pu alimenter ma soif de connaissance. Windows, GNU/Linux, AIX, systèmes industriels… je baignais au milieu de divers projets qui me permettaient d’appréhender du joli matériel et cela n’a fait que confirmer ma passion pour l’IT.

C’est surtout l’ambiance avec les collègues de travail qu’il faut prendre en compte, car le fonctionnement de l’entreprise reste secondaire pour moi. Je veux dire par là que si tu ne t’éclates pas avec ceux que tu côtoies tous les jours tu as beau être en client final cela ne changera rien au désastre…

Ensuite concernant l’évolution je pense qu’il ne faut pas trop s’attarder en SSII si rien ne bouge. Sauf si vous êtes satisfait de votre salaire, mais nombreuses sont les personnes qui montent en compétence et ont du mal à convertir leur expertise en salaire à la fin du mois.

Fatiha

Merci pour ton commentaire. Je suis d’accord avec toi pour l’ambiance. C’est hyper important. J’ai déjà écrit un article sur le sujet des open space.
Au sujet des augmentations je n’en ai pas eu depuis janvier 2014, car entre temps j’ai eu deux enfants et du coup j’ai été longtemps en congé maternité. Là je compte bien en demander très prochainement !

Xhark

Je vais aller lire ton billet, et je viens de voir que j’ai fait une tonne de fautes dans mon commentaire, honte à moi…

ESAK

Salut,
Le post est un petit peu ancien mais toujours tellement d’actualité !

Aujourd’hui on compte de plus en plus d’ESN sur le modèle recrutement au profil, gestion de carrière et développement du consultant (plutot PO/UX/Coach) : Octo, benext, Thiga, world of digits, wemanity qui tente de s’intercaler entre les agences et les SSII à l’ancienne.

Aujourd’hui je suis tenté par l’expérience, d’un pour le challenge et les perspectives d’évolution des connaissances et deux pour participer à une communauté interne enrichissante.

Certains d’entre vous ont une expérience positive dans ce cadre là ?

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